Leurs histoires récompensent nos efforts et inspirent notre volonté.
À partir de l'Association Enfance, Culture et Vie, chaque action crée une vague d'espérance et chaque projet transforme des vies. Découvrez à travers ces témoignages poignants l'impact concret de notre travail en République Centrafricaine et la force des liens que nous tissons entre la France et les communautés locales. Des enfants qui retrouvent le chemin de l'école, des familles qui reconstruisent leur avenir, et des entreprises qui consolident le développement économique : leurs récits sont le reflet de l'espérance d'une vie meilleure que nous construisons ensemble.
"Mes Amis, Brigitte et Ludovic, notre amitié compte maintenant plus de 10 ans au cadran. Aujourd'hui je suis particulièrement heureux de donner mon concours à cette œuvre qui correspond pleinement aux valeurs que nous partageons, respect de la Vie dans tous ses états, solidarité et tolérance.
Puissions-nous nous réjouir, dans une temps très prochain, d'avoir donné du bonheur autour de nous, à des enfants et à leurs familles, et permis d'assurer un avenir serein aux Centrafrcains."
Jean-Louis Girodolle webmaster du site internet de l'association.
Interview du Président et du trésorier de
l'Association Enfance, Culture et Vie
- Bonjour Brigitte et Ludovic, vous êtes originaire de Centrafrique, pouvez-vous nous dire ce qu’un français de classe moyenne va trouver en arrivant à Bangui, Capitale de Centrafrique ? (parlez-nous des habitations, de l’état des routes, de l’état des infrastructures administratives, de la circulation dans les rues, de la densité de la population…).
R : L’Européen venant à Bangui va trouver des routes goudronnées, des routes praticables pour aller à l’intérieur du pays, sauf dans le Nord et l’est du pays qui sont des zones un peu enclavées en particulier pendant la saison des pluies. Les villes sont bien administrées, avec un modèle à la française, il y a des régions avec à leurs têtes des représentants politiques, présidents de régions, préfets et des sous préfets, et des mairies élus. La densité de population est élevée à Bangui (6000 habitants au Km²) et dans les grandes villes, Bossangua, Bouar, Berberati, Mbaïki, Bambari. Par contre le pays a de gros problèmes au niveau du courrier postal, mal organisé. Pour nous joindre il vaut mieux utiliser le courrier électronique.
- Par rapport à cet état des lieux, pouvez-nous nous décrire quelle est la vie des habitants de Bangui ? (y a-t-il de l’agitation dans la ville, des établissements de commerces, des marchés populaires, d’autres moyens d’échanges commerciaux, des frictions entre différentes ethnies) Même question pour les populations hors de Bangui.
R : À Bangui on trouve des grandes surfaces commerciales comme en France (Carrefour, Score, Bamag), sinon on trouve des supérettes dans les autres villes. On trouve aussi de nombreux marchés populaires fermés gérés par les mairies, où les centrafricains vendent leurs propres productions. Il n'y a pas trop de frictions entre les populations, car il n’y a pas réellement de cohabitation entre les différentes ethnies peuplant le Centrafrique. Les différentes ethnies sont réparties par communauté sur l’ensemble du territoire. A Bangui où le brassage de population est possible, il reste cependant paisible.
- Je crois que le pays dispose d’une bonne infrastructure de distribution de l’électricité, peux-tu nous indiquer si ce service répond aux besoins de la population ? (égalité de distribution sur tout le territoire de Centrafrique, mise à disposition de l’énergie suffisante pour assurer le confort des centrafricains, coût de cette énergie par rapport au niveau de vie des bénéficiaires)
R : Il n’y a qu’une seule société de distribution d’électricité au Centrafrique, la NRK, crée par la France et nationalisée depuis la date de l’indépendance du pays. La distribution se fait principalement à Bangui, et dans les grandes villes. Mais pour les centrafricains les coupures sont fréquentes, selon les secteurs, l’approvisionnement est irréguliers, au centre de Bangui pas de problèmes, mais plus on s’éloigne du centre ville, l’approvisionnement est moins bon (quelques heures par jour, parfois pas du tout). En fait, 14% de la population seulement bénéficie de l’électricité de façon satisfaisante. Cela implique que les PME ou les particuliers sont obligés de s’approvisionner avec des panneaux solaires ou des groupes électrogènes.
Pour ce qui est de la distribution de l’eau courante, la situation est similaire ; et donc environ 14% des centrafricains bénéficient de ce confort, et peuvent avoir un lave linge. Sinon dans les zones sans eaux courantes, la population fait encore usage des lavoirs. Il y a donc un immense besoin de puits en Centrafrique, et des associations se sont spécialisées dans les forages (exemple : croix rouge française…). En Centrafrique, certaines sociétés, souvent chinoises, font des prospections de minerais et polluent l’eau des sources, ce qui cause de graves problèmes de santé pour les populations locales.
- Nous connaissons les liens qui unissent la France à certains pays d’Afrique, dont le Centrafrique, et qui font suite à la période de colonisation ; aussi, quelles sont les dispositions prises par l’état pour l’éducation des enfants en Centrafrique ? (système scolaire calqué sur le modèle français, existence d’école privée catholique, islamique, autre, directives dans les contenus scolaires…)
R : Le pays dispose d’un ministère de l’éducation, il faut donc demander une autorisation pour ouvrir une école, il y a des contrôles sur les installations scolaires, hygiène, sécurité des locaux, et de même pour le contenu de l’enseignement qui est donné aux enfants. Le système est calqué sur le système français. Cela permet donc de poursuivre des études en France pour un centrafricain.
- Votre projet concerne je crois les enfants âgé de 7 à 10 ans, pouvez-nous nous indiquer où en est la création de votre structure ? Combien d’enfants et quelle organisation des classes est-elle prévue ?
R : L’Association Enfance, Culture et Vie, prend en fait les enfants à partir de 3 ans, et jusqu’à 5 ans. Nous sommes en train de créer 6 classes pour les petits, répartis par âge, à raison de 25 à 30 enfants par classe. Nous allons ouvrir une école privée qui a pour but d’offrir un service à moindre coût pour les familles (de l’ordre de 1 à 2 francs CFA / mois). Le Centrafrique compte de nombreux enseignants qui sont au chômage, et nous pensons rémunérer nos personnels à partir des sommes recueillis par les inscriptions des enfants, les cotisations des membres de notre association (soit 120€ par an), les dons et legs financiers, ou encore les dons matériels (vêtements, petits électroménagers…) qui peuvent être vendus à la population locale. Mais nous avons un besoin énorme de fonds pour l’envoi de ces dons en nature vers le Centrafrique.
Nous avons aussi un projet ultérieur pour les enfants de 6 à 10 ans, ouverture de plusieurs classes primaires.
- Avez-vous bénéficié de l’aide du gouvernement de Centrafrique, du diocèse de Bangui, d’autres aides (ONG, dons, défiscalisation…) ? Pensez-vous solliciter ces aides dans l’avenir ?
Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui accompagné de Ludovic Kanga.
R : Nous n’avons reçu jusque là aucune aide du gouvernement, par contre nous avons eu une proposition de Dieudonné Nzapalainga, cardinal de Bangui, pour la défiscalisation des dons qui nous sont faits, et nous avons d’or et déjà adressé une demande pour la création de notre école auprès du ministère de l’éducation. Nous avons déjà reçu des dons de particuliers, par exemple une personne originaire du Canada.
- La république Centrafricaine est un territoire enclavé, loin de toute mer, peu développé sur le plan des communications aériennes ; il y a donc une difficulté majeure à acheminer les aides dont vous pouvez bénéficier. Comment pensez-vous organiser cet acheminement ?
R : Il y a plusieurs aspect sur cette question ; le fret aérien est trop cher, donc inaccessible. En conséquence le transfert des dons se fera par mer, les containers seront chargé au Havre en France, jusqu’à Doaula au Cameroun, puis par la route (1400 kms) pour rejoindre Bangui. Ces transferts ont un coût de 10000€ environ, mais une défiscalisation de ces transferts pourrait permettre de réduire la facture de 50%.
- Votre projet concerne aussi le développement économique du Centrafrique, pouvez-vous nous en dire plus ? (demande de dons de panneaux photovoltaïques, groupes électrogènes, machines outils, puits pour aller chercher l’eau potable….)
R : Bien sûr, notre projet s’articule en premier lieu sur le développement de l’éducation des enfants, mais s’inscrit pleinement dans l’accompagnement des familles, amélioration de leurs existences, et des entreprises, développement de leurs affaires, tout cela en améliorant l’accès à l’électricité et à l’eau potable.
Mme et Mr Kanga Brigitte et Ludovic.
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